L'huile de caméline est surtout reconnue pour ses acides gras oméga-3 et ses antioxydants naturels. Elle contient aussi un acide gras oméga-9 moins connu qui suscite un intérêt scientifique grandissant : l'acide nervonique. Voici ce qu'il est, son rôle dans l'organisme et la quantité qu'on en trouve dans l'huile de caméline.
Qu'est-ce que l'acide nervonique?
L'acide nervonique fait partie de la famille des acides gras à très longue chaîne, et certains chercheurs le considèrent aussi important que les oméga-3 DHA et EPA (Ren et al., 2026).
C'est un acide gras non essentiel : l'organisme peut le fabriquer, contrairement aux acides gras essentiels comme l'oméga-3 AAL, qui doivent provenir de l'alimentation (Ren et al., 2026). Mais non essentiel ne veut pas dire que les sources alimentaires n'ont pas de valeur. L'organisme obtient l'acide nervonique en le fabriquant, mais aussi directement par l'alimentation, sous une forme facilement disponible (Li et al., 2019). Sa production dans le corps humain demande plusieurs étapes et ne suffit pas toujours à la demande, par exemple pendant le développement du cerveau ou la réparation de la myéline (Sargent et al., 1994; Liu et al., 2022). Il n'existe aucun apport recommandé officiel pour l'acide nervonique, puisque l'organisme peut le fabriquer lui-même. Malgré tout, des études chez l'humain montrent que l'acide nervonique alimentaire augmente ses niveaux dans l'organisme (Li et al., 2019; Sargent et al., 1994).
Un bref historique
L'acide nervonique a d'abord été découvert dans le cerveau et le tissu nerveux des humains et d'autres mammifères, d'où son nom (Liu et al., 2022; Ren et al., 2026). En 1926, des chercheurs japonais l'ont isolé à partir d'huile de requin (Ren et al., 2026).
Son rôle dans le système nerveux
Les nerfs fonctionnent un peu comme des fils électriques, et la myéline est l’enveloppe protectrice qui les entoure et aide les signaux nerveux à circuler rapidement. La myéline est composée surtout de gras, et l’acide nervonique est l’un de ses principaux matériaux de construction (Ren et al., 2026; Sargent et al., 1994).
L'acide nervonique est aussi présent dans le lait maternel, particulièrement dans le colostrum, le premier lait produit après la naissance, qui est important pour le développement du cerveau du nourrisson (Liu et al., 2022).
Traverser la barrière hémato-encéphalique
La barrière hémato-encéphalique est une couche de cellules très sélective qui tapisse les vaisseaux sanguins du cerveau. Elle protège le cerveau en bloquant la plupart des substances présentes dans le sang, si bien que de nombreux nutriments et composés n'atteignent jamais le tissu cérébral.
Ren et al. (2026) décrivent l'acide nervonique comme capable de traverser cette barrière, ce qui lui permettrait de soutenir le développement du cerveau et la réparation des fibres nerveuses endommagées. La réalité est toutefois plus nuancée. Dans des études chez l'animal, l'acide nervonique provenant de l'alimentation a atteint le cerveau principalement au cours des premières semaines suivant la naissance (Li et al., 2019). Des chercheurs avancent qu'une voie de transport spécifique vers le cerveau pourrait exister, particulièrement chez les nouveau-nés, et cette question est encore à l'étude (Li et al., 2019).
Ce que dit la recherche
Des niveaux plus faibles d'acide nervonique ont été observés chez des personnes atteintes de maladies démyélinisantes, c'est-à-dire des maladies qui endommagent la gaine de myéline, comme la sclérose en plaques et l'adrénoleucodystrophie (Li et al., 2019; Sargent et al., 1994). Présentement, des scientifiques étudient si l'acide nervonique pourrait aider à soutenir la réparation de la myéline, mais ces recherches n'en sont qu'à leurs débuts (Liu et al., 2022).
Des études chez l'animal se sont aussi penchées sur l'acide nervonique et la fonction cérébrale. Dans une étude d'alimentation, une huile riche en acide nervonique a modifié la composition en acides gras du sang et du cerveau chez des rongeurs et a été associée à de meilleures capacités d'apprentissage et à de meilleures fonctions cognitives (Liu et al., 2022). Ces résultats n'ont pas encore été confirmés chez l'humain.
L'acide nervonique semble aussi jouer un rôle particulièrement important en début de vie. Ses niveaux dans les sphingolipides du cerveau augmentent fortement après la naissance et atteignent un sommet vers l'âge de 4 ans (Sargent et al., 1994). Le lait maternel des mères de bébés prématurés contient davantage d'acide nervonique, ce qui pourrait aider à compenser leur arrivée hâtive (Li et al., 2019).
L'acide nervonique est-il courant dans l'alimentation?
Pas vraiment. Les huiles naturelles riches en acide nervonique sont relativement rares (Sargent et al., 1994), et il est absent des principales huiles végétales comme le soya, le colza et le tournesol (Li et al., 2019; Liu et al., 2021). L'huile de caméline se distingue : elle contient non seulement de l'acide nervonique, mais aussi les acides gras que l'organisme utilise pour le fabriquer (Hajiazizi et al., 2023). On en trouve aussi dans les huiles de poisson, le lait maternel et les huiles de graines de quelques plantes, comme la bourrache et le chanvre (Li et al., 2019; Liu et al., 2022; Sargent et al., 1994). Les sources végétales les plus riches sont des graines spécialisées qui ne font pas partie de l'alimentation courante, comme celles de la lunaire (Lunaria annua), de la capucine flamboyante (Tropaeolum speciosum) et de l'arbre Malania oleifera (Liu et al., 2021).
L'acide nervonique dans l'huile de caméline
Les huiles sont presque entièrement composées de gras, et les gras sont formés en grande partie de plus petits éléments appelés acides gras. Les analyses publiées rapportent environ 0,5 à 0,8 % d’acide nervonique parmi les acides gras de l’huile de caméline (Hajiazizi et al., 2023; Xia et al., 2024).
Nos propres analyses concordent avec la littérature scientifique : l'huile de caméline pressée à froid Signé Caméline contient environ 45 mg d'acide nervonique par portion de 2 cuillères à thé (10 mL).
Un intérêt grandissant pour l'acide nervonique
L'acide nervonique suscite beaucoup d'attention pour son potentiel dans les domaines nutraceutique et pharmaceutique (Li et al., 2019). Comme ses sources naturelles sont limitées et que son extraction est coûteuse, les chercheurs explorent activement de nouvelles façons de le produire (Liu et al., 2022). Ces recherches comprennent notamment la modification génétique de cultures oléagineuses et de micro-organismes, comme des levures, afin de produire davantage d'acide nervonique (Li et al., 2019; Liu et al., 2022). La caméline elle-même a été utilisée dans ces recherches : des lignées génétiquement modifiées ont atteint de 6 à 12 % d'acide nervonique (Li et al., 2019). L'huile Signé Caméline provient de caméline non génétiquement modifiée et contient naturellement de l'acide nervonique. Chez Signé Caméline, ce sont particulièrement nos acheteurs internationaux, notamment asiatiques, qui s’intéressent à notre huile pour sa teneur naturelle en acide nervonique.
Références
Hajiazizi, F., Sadeghi, A., & Karimi, A. (2023). The effects of dietary inclusion of Camelina sativa on performance and ascites incidence in broilers subjected to cold exposure. Veterinary Medicine and Science, 9(4), 1711–1725. https://doi.org/10.1002/vms3.1185
Li, Q., Chen, J., Yu, X., & Gao, J.-M. (2019). A mini review of nervonic acid: Source, production, and biological functions. Food Chemistry, 301, 125286. https://doi.org/10.1016/j.foodchem.2019.125286
Liu, F., Wang, P., Xiong, X., Zeng, X., Zhang, X., & Wu, G. (2021). A review of nervonic acid production in plants: Prospects for the genetic engineering of high nervonic acid cultivars plants. Frontiers in Plant Science, 12, 626625. https://doi.org/10.3389/fpls.2021.626625
Liu, F., Wu, R., Ma, X., & Su, E. (2022). The advancements and prospects of nervonic acid production. Journal of Agricultural and Food Chemistry, 70, 12772–12783. https://doi.org/10.1021/acs.jafc.2c05770
Ren, D., Chai, X., Zhao, W., Zhang, Y., Li, E., & Zhao, S. (2026). Dietary supplementation with Acer truncatum seed modulates lipid profiles and enriches unsaturated fatty acids in egg yolk of laying hens. Poultry Science, 105, 107048.
Sargent, J. R., Coupland, K., & Wilson, R. (1994). Nervonic acid and demyelinating disease. Medical Hypotheses, 42, 237–242. https://doi.org/10.1016/0306-9877(94)90122-8
Xia, Y., Zhu, J., Qu, M., Yang, W., Fu, S., Yu, L., & Fan, B. (2024). Acute and subchronic oral toxicity study of Camelina sativa oil in Wistar rats. Heliyon, 10(1), e23654. https://doi.org/10.1016/j.heliyon.2023.e23654





